Synopsis
Le carré, forme géométrique parfaite à quatre côtés égaux, a inspiré de nombreux architectes et artistes peintres. D’une grande rigueur architectonique, le carré par sa modernité est à l’origine de nombreuses œuvres d’arts et a toujours constitué un défi pour beaucoup de plasticiens.
Le carré est une forme mais pour le plasticien, c’est aussi une surface qui peut être rythmée par la couleur.
La découverte de Kasimir Malevitch est une révélation. Son exposition en 1913 du carré noir sur fond blanc a bouleversé les arts visuels. La première œuvre non figurative est née, elle se voulait une revendication contre l’académisme et l’art figuratif de l'époque.
Josef Albers est aussi une figure de proue de « Optical Art ». En 1953, il réalise sa fameuse série « Hommage au Carré » où il a étudié les interactions des couleurs sur le carré en créant l’illusion de la profondeur.
L’histoire de l’architecture nous rappelle aussi que le carré est souvent une forme de base qui permet des proportions harmonieuses.
La façade de Parthénon à Athènes en Grèce (créée 447 – 432 avant notre ère) s’inscrit dans un rectangle d’or composé d’un carré initial.
Par ailleurs, le Corbusier explique que Notre Dame de Paris est réglée sur un carré et un cercle dont le carré initial englobe la majeure partie de la façade.
Le musée d’art islamique de Doha au Qatar inauguré en novembre 2008 est réalisé selon des figures géométriques qui se superposent et c’est le carré qui domine. Il donne ainsi l’image d’un Islam résolument contemporain. Ce projet est réalisé par l’architecte américain d’origine chinoise Ming Pei qui a aussi réalisé la pyramide (de base carré) du musée du Louvre à paris.
Le carré se retrouve aussi dans l’architecture maghrébine. A la casbah d’Alger, le carré est très présent. Les carreaux de faïence, les patios, les coupoles, ferronneries, faux plafonds.
Aujourd’hui, je ne me contente plus de réaliser des tableaux et de les accrocher. Je me préoccupe avant tout des facteurs d’ambiance, de tout ce qui est capable d’agir sur les sens en oubliant le contact immédiat de l’œuvre ponctuelle.
Je crée un espace architectural qui tient plus de la relation entre les éléments, qu’aux éléments eux même. J’essaye de coordonner les effluves, les ondes, les sensations, afin de créer une sorte de mise en scène où je réclame du visiteur la disponibilité de tous ses sens. En fait, je cherche à retenir un instant du présent. Un moment furtif, arraché au flux du temps où des relations particulières s’établissent entre l’espace et le corps.
Mon exposition a besoin d’unité et l’unité résulte d’une synthèse d’éléments contraires. Pour qu’un espace soit « vivant » il est essentiel que sa vitalité soit exprimée par des formes contrastées, horizontales et verticales, vide et plein, formes aigues et formes souples,les volumes et les masses.
Ceci étant, pour s’exprimer complètement, un espace, une exposition a besoin d’une dominante. Chez moi, c’est le CARRÉ .

Farid BENYAA
Artiste peintre
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