L’architecture au service de l’art
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«Humus originel», tel est l’intitulé
d’une remarquable exposition que nous propose l’artiste
Farid Benyaa jusqu’au mois de Mai prochain à partir
d’une composition plastique originale, l’artiste met
à la disposition des visiteurs pas moins de dix neuf œuvres
d’art soigneusement présentées. Rencontre
avec un peintre et visite d’une exposition qui échappe
au conformisme des manifestations de peinture traditionnelles.
«Cette exposition je l’ai intitulé Humus Originel,
c’est à dire en fait, je pars du principe que l’art
est universel par définition et que l’attacher à
son humus original et donc au patrimoine Algérien, c’est
lui donner une dimension particulière …», affirme
d’emblée Farid Benyaa, un passionné de l’art
qui expose ses œuvres dans une galerie située à
Bir Mourad Rais (Alger). Dans un décor qui associe les
objets de la galerie aux tableaux, et à l’aide d’une
lumière éclairante et d’une musique expressive,
on aura à découvrir une expression artistique singulière.
Dans l’œuvre de Benyaa, l’art contemporain et
l’art traditionnel se côtoient merveilleusement. L’artiste
réussit ainsi ce mariage et offre aux visiteurs des formes
picturales insolites.
«Mon travail artistique est le fruit d’un croisement
entre mon métier d’architecture et mon activité
d’artiste». «Pour moi il y a toujours base communicante
entre la peinture et l’architecture», tient à
ajouter ce peintre qui avait eu à débuter le dessin
dès son jeune age. Perfectionniste et d’un esprit
novateur, Farid Benyaa structure son exposition autour de quatre
principaux thèmes : les Touaregs, les peintures abstraites,
les femmes et la musique.
«L’artiste s’intéresse toujours à
son univers, et derrière chacune de ses œuvres il
y a un thème …», nous confie l’artiste
très attaché au patrimoine culturel Algérien.
D’un simple regard nous découvrirons des visages
historiques, des paysages et des portraits réalisés
sur différents supports (bois, métal et autres).
Parmi ces portraits, celui d’amenokal, qui se présente
comme une création remarquable, ce grand chef Targui mort
en 1921 et qui s’appelait Moussa Gamasta, est immortalisé
par l’œuvre que lui consacre l’artiste.
Les traditions populaires telle la danse Djedib, et les différentes
musiques qui composent notre patrimoine sont aussi mises en valeur
dans cette exposition. Comme technique, Farid Benyaa privilégie
le graphisme à l’encre de chine, «un procédé
qui permet d’accentuer et de personnaliser les formes».
L’Architecture, Mère de la peinture

Pour Farid Benyaa, l’architecture demeurera la mère
de la peinture.
«Grâce à ma formation d’architecte j’ai
amélioré mes compositions artistiques. La séparation
entre l’architecture et la peinture n’existe plus»,
constate cet homme qui a fait partie des premières équipes
de l’Unesco engagées sur le projet de la restauration
de la Casbah d’Alger. «C’est avec pratiquement
les même outils que je travaille pour l’architecture
que j’exploite pour la peinture. Et d’ailleurs mes
œuvres artistiques sont souvent des constructions architecturales
» ajoute t-il pour étayer ses propos. Quand au temps
et aux efforts déployés pour la réalisation
de ses compositions, Farid Benyaa, l’un des rares artistes
algériens à disposer de sa propre galerie d’art,
est très clair : «C’est un travail de longue
haleine et de réflexion».
En perspective, une exposition aussi originale animera le mois
de juin prochain l’espace de cette galerie, à l’occasion
de la journée mondiale de l’enfance.
Le jeune indépendant
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