Farid Benyaa ou la quête originelle
Après sa dernière exposition en Juin dernier, l’artiste
peintre Farid Benyaa convie le public connaisseur, jusqu’au
mois de Mai prochain, à découvrir ses dernières
créations signées sous le thème «Humus
Originel».

Architecte de formation, Farid Benyaa a, une fois de plus, fait
montre de ses capacités artistiques. Avec le thème
choisit «Humus originel», l’artiste n’a
pas fait dans la facilité. En effet à travers les
19 tableaux accrochés aux cimaises, l’œil est
happé par la précision du détail, la prolifération
des formes et la redondance des couleurs. Pour l’artiste,
cette exposition apporte quelque chose de nouveau, dans le sens
où il a utilisé des éléments qui se
veulent avant tout design fait de métal, de verre, de bois,
de peinture, de marqueur et d’aérosol.
«L’objectif étant de créer un lien direct
entre l’art contemporain et le patrimoine traditionnel algérien
d’où le titre de mon exposition. C’est plus
exactement asseoir deux notions essentielles à travers
des supports design avec des thèmes qui font référence
à notre histoire».
Toutes les œuvres peintes racontent une histoire précise.
Au hasard des intitulés dans, R’bab, Kamendja, Farid
Benyaa essaye de parler des grandes écoles de musique algériennes.
Il n’a pas omis de relever la manière dont les artistes
algériens tiennent leur instrument de musique (le violon)
sur les jambes.
Dans Point noir, réalisé à l’encre
de chine, la condition féminine réprimée
et mise en exergue et ce, sous la forme de trois tableaux de différentes
dimensions. En fait une lecture médiane se laisse lire
comme une interprétation libre. Une problématique
est posée pour la femme, celle de se taire ou de dénoncer
son agresseur. Elle est pour ainsi dire meurtrie à vie.
C’est un dilemme auquel est confrontée la femme algérienne.
La couleur noir utilisée a permis d’aller vers l’essentiel,
vers la souffrance et la déchirure.
Un autre tableau mérite une attention particulière,
c’est celui portant le nom de Amenokal, le chef des tribus
Targuies dans le Hoggar. Un homme est assis sur son séant
contemplant la beauté de sa région, paré
de beaux bijoux et d’une belle tenue en chèche, ce
Targui raconte à lui seul toute la magnificence du Grand
Sud.

«Je pars du principe que l’art est universel par
définition, et en fait, Amenokal, je le rattache à
son humus originel, lui conférant une dimension particulière».
Etreinte est une gigantesque œuvre baignant dans le cosmos.
Une comète rouge est agressée par une affinité
d’autres astres. Dans cet univers cosmique se dégage
une étreinte entre le rouge et le noir, entre la passion
et la mort, des éléments qui font partie de la vie,
comme le dit si bien le plasticien
«une œuvre n’a de valeur que par la force de
persuasion où la dynamique est une notion importante».
Après le vernissage de cette exposition qui a eu lieu
Jeudi dernier dans sa propre galerie, Farid Benyaa affirme que,
«comme tout artiste, dès qu’on termine une
exposition, on pense déjà à la prochaine,
entre une exposition et une autre, avoue-t-il, il y a toujours
une œuvre qui annonce la prochaine exposition». Il
a le sentiment de celle ci est un prélude à la prochaine.
Un rendez vous fixé pour la journée internationale
de l’enfance.
Nassima Chabani
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