Un mixage artistique originel

Né à Sidi Aïch, à cinquante kilomètres
de Bejaia, au cœur de la basse Kabylie, Benyaa s’inspire
depuis son jeune âge de l’art qui fait, aujourd’hui,
son identité.
Visage expressif. Des yeux aux traits convaincants pour un regard
opiniâtre qui est la promesse d’une vaste culture.
Geste posé d’un artiste intarissable lorsqu’il
s’agit de raconter sa carrière artistique.
On reconnaît Farid Benyaa par les touches particulières
qu’il exprime dans les toiles accrochées sur le mur
de sa galerie. Ces toiles sont accompagnées de magnifiques
objets architecturaux - artistiques, disposés sur le sol.
Une bougie plantée dans un pot et l’un de ces objets
qui donne un magnifique rayonnement et qui offre une superbe vue
à la galerie, ce qui fait sa particularité.
Farid Benyaa s’intéresse depuis son jeune age au
monde de la création et de la recherche, de la bricole
à la menuiserie et de l’architecture à la
peinture. Sa vie d’artiste ne s’est pas faite uniquement
par l’effort et le temps consacré à sa passion
mais par une spontanéité née en lui, dés
que la motivation l’eut guidé vers l’univers
artistique.
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Effectivement Benyaa ne s’est jamais éloigné
de son domaine. En 1974, il rejoint l’école polytechnique
d’architecture et d’urbanisme (EPAU). En 1979, il
obtient son diplôme et suit de longues études supérieures.
Une année plus tard, il sa consacre pendant trois longues
années à la restauration de la Casbah d’Alger
avec une équipe de l’UNESCO.
Apres avoir réalisé des projets en architecture,
l’artiste inaugure sa propre galerie où il expose
des œuvres à thème dans le domaine de l’architecture.
Pendant ses travaux réalisés à la Casbah
d’Alger en collaboration avec le groupe de l’Unesco,
Farid Benyaa charmé et séduit par le fascinant décor,
s’intéresse à un autre art camarade et complice,
celui de l’architecture. Depuis, l’artiste travaille
sur une méthode de mixage. Cette idée s’est
parfaitement réalisée par l’utilisation de
techniques mixtes qui englobent le domaine de la peinture artistique
et l’architecture dans un seul et nouvel art. Cette nouvelle
méthode se fait par l’utilisation du graphisme à
l’encre de chine et la peinture au marqueur.
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En 2000, il inaugure en tant que peintre sa galerie d’art
à Bir Mourad Rais où sont présentées
de belles œuvres de thèmes différents. Celui
de la Casbah d’Alger, une oeuvre travaillée à
l’encre de chine et encadrée sous verre. Une formule
classique académique. Une gamme de tableaux regroupe des
peintures abstraites, celles-ci laissent le spectateur se livrer
à sa propre imagination et à sa propre interprétation
au sujet, afin de donner un sens aux œuvres décorées
en noir et blanc.
Un autre thème qui représente des images figuratives
comme celui de l’enfant, l’artisan et le cordonnier,
ces œuvres sont réalisées avec une architecture
en toile de fond, travaillées avec goût et recherche.
Un autre thème décoratif de couleur arc-en-ciel,
l’artiste utilise une technique métisse dans son
métier d’architecte et celui de peintre où
Benyaa se trouve un peu spectateur et artiste en même temps.
Le rituel des trois thés, nous révèle les
secrets d’une tradition sacrée chez les Touaregs.
Ces derniers attribuent à chacun des thés une symbolique.
« Le premier est fort comme la vie, le deuxième est
doux comme l’amour et le troisième est suave comme
la mort ».
D’autres œuvres sont consacrées à la
femme algérienne, elles représentent les différentes
régions d’Algérie.
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Voici l’Algéroise, qui porte le Hayek mrama avec
le décor de la Casbah en toile de fond.
La mariée de Tlemcen chargée de perles et de bijoux
représentant une véritable fortune.
La femme Kabyle avec sa djebba aux couleurs chatoyantes avec des
bijoux en argent et en corail.
Voilà la Chaouia, une femme sophistiquée avec des
bijoux citadins, mais qui parait très naturelle, sauvage,
belle de son intérieur.

Un thème du Sud, l’eau dans le désert qui
est primordial où la menace de la soif est permanente.
Dans cette œuvre l’artiste introduit un personnage
dans le ciel pour symboliser un peu ce don du ciel qui est l’eau
et qui semble gérer cet espace. Ici le Targui est entrain
de remplir sa gourde traditionnelle (Guerba).
Plusieurs autres thèmes consacrés au patrimoine
et aux traditions Algérienne sont également exposés
dans la galerie d’art de ce grand artiste.
Ce nouveau mixage artistique fait de Benyaa un artiste d’exception
avec une méthode qui est peu utilisée par ses confrères.
Fazila Boulehbal
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